29.11.2009
63ème jour... END
L'heure du mot "fin" vient de retentir pour mon blog. Un bruit déchirant qui s'est éteint dans ce silence dominical...O, tristesse et on pleure.
Non, non et non, je veux une happy end. Plus de 60 jours sans toucher à une cigarette c'est bien grâce aux patchs mais aussi à l'écriture.
Un blog sans retour, sans commentaires, c'est comme prêcher dans le désert.
Alors, si vous n'aviez pas répondu présent par vos mails, je ne sais pas si j'aurais tenu le coup.
Chacun d'entre vous, chacune de vos visites m'a aidé... MERCI à vous.
J'espère que ce blog ne tombera aux oubliettes et peut-être qu'un jour, à son tour, il rendra service ...
je serais toujours présente sur les ondes sur FIBROMAMAN.SKYNETBLOGS.BE
17:33
Écrit par Clara Cambry
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21.11.2009
55ème jour... GOOD BYE!
Certains disent que j’ai fait le plus dur. Oh que non, je me connais. Même trop bien.
Ce n’est pas parce aujourd’hui l’odeur de cigarettes m’insupporte, me fait tousser et me pique les yeux que demain ou dans une semaine, je ne pourrais pas en avoir envie. Un désir irrépressible, si fort que toute la machine s’emballe. Je sentirais mes tempes vibrer sous l’impulsion du sang, le rythme de mon cœur qui s’accélère, prêt à bondir de ma poitrine. Une agitation impétueuse qui réclame son dû pour se calmer. La cigarette représentera mon exil, mon abri de fortune ou mon salut pour quelques minutes.
Je ne peux même pas compter le nombre de cigarettes dans lesquelles j’ai cherché du réconfort, du courage ou même une solution.
Bientôt, je serais une ancienne fumeuse comme celle qui sort d’une réunion pour les alcooliques anonymes. Notre point commun ? La dépendance et le pourquoi du verre en trop ou de la dernière cigarette avant de se coucher.
A un moment, ou plusieurs fois, on a toutes les deux cherché un mieux-être.
Je suis entière, en matière d’addictions… impossible de trancher et de m’accorder une cigarette pour le plaisir, juste une et puis bye, bye.
Alors, tous les jours, je vais devoir être vigilante, sur mes gardes et ne pas céder à l’impulsion. Et comme durant mes crises de fibro, attendre, toujours et encore, attendre que ca passe. A force, on se résigne au moins par habitude….
22:44
Écrit par Clara Cambry
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15.11.2009
49ème JOUR... LES HISTOIRES D'AMOUR
Je ne sais pas si c’est d’avoir relu « l’amant » de Marguerite Duras, mais j’ai à l’esprit le mythe sensuel féminin associé à la cigarette.
La femme en peignoir, qui vient s’allonger près de son amant. Du bout des doigts, elle caresse le dos ou le torse, le grain de peau est suggéré … tout est dans le mouvement, les gestes lents. Puis, elle se lève et négligemment son peignoir laisse entrevoir une épaule, la naissance de ses seins nus sous l’étoffe de soie. Elle prend naturellement une cigarette, l’allume…
Stop !!!!! Faisons un accéléré de la même scène dans le temps et projetons cette femme vingt ans plus tard.
La femme en peignoir, tousse d’un râle rauque et gras. Son amant surpris, se demande si elle ne va pas cracher ses poumons. Elle veut l’embrasser mais il est pris d’un mouvement de panique. Les dents jaunies semblent démesurées, les pores de sa peau grise ressemblent à des cratères de volcan et son haleine pourrait disséminer toute forme vivante (même les microbes… ).
-Eh ben, qu’est ce t’as ?
-Rien, rien,…. Tu ne veux pas aller te brosser les dents ?
-Mais pourquoi ?
Vexée, elle se lève, attrapant son peignoir maculé de cendre et d’infimes trous de brûlure.
-Me brosser les dents… c’est la meilleure ! Ronchonne-t-elle.
A côté du cendrier rempli de mégots, une bougie anti-tabac finit de se consumer. Ses doigts jaunis cherchent une cigarette mais butent sur le paquet vide, écrasé.
Son amant voit là une occasion unique, la possibilité de prendre le large !
-Oh mais tu n’as plus de cigarettes, ma pauvre… ne bouge pas, … je vais t’en chercher.
- Tu es un amour !
Mais, c’est bien connu, les histoires d’amour finissent mal en général…
Elle observera le cendrier et elle y cherchera un mégot qui ne lui semblera pas trop mal en point.
Son amant la regardera et sans hésiter prendra sa veste, ses clefs de voiture. Il sera dans le hall lorsqu’elle criera :
-Mais, attends… je t’ai pas dit qu’il me fallait 2 paquets pour cette nuit !
20:47
Écrit par Clara Cambry
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10.11.2009
44ème Jour... Additions et soustractions
Aujourd’hui, je suis dans mes comptes. La calculette est sortie et j’additionne pour le moment et comme toujours des débits, des factures. Oh, étonnant, mon relevé de compte comporte une opération en crédit. Avant que vous ne hurliez « elle a touché le jackpot ! » à faire éclater les tympans de votre entourage, je vous le dis tout de suite ce n’est pas un chiffre avec une kyrielle de zéros derrière. J’aurais bien aimé mais non, Il s‘agit de la Sécurité Sociale qui m’a donné des sous pour m’encourager à arrêter de fumer. Enfin, des sous, Quarante Euros et des poussières, la facture d’une partie de mes patchs.
Allez, c’est l’occasion de calculer où j’en suis depuis 44 jours.
Alors, j’ai économisé pour 158,40 de cigarettes ! Ah quand même, tout cet argent serait parti en fumée, envolé, plus rien, niet, nada.
Au début, j’ai acheté des boîtes de 7 patchs, grave erreur car ça revient à plus cher. Mais c’était pour la simple et bonnes raison qu’il m’en restait depuis ma dernière tentative. La date de péremption était passée de quelques mois mais je n’ai pas vu de différence. Ca a dû me couter dans les 60 Euros. Puis, J’ai acheté une boîte de 28 patchs pour 45 Euros. Des comprimés Nicorette pour 44 Euros donc ce qui fait un total de 149 Euros… allez j’arrondis à 150. Comme la Sécu vient de me rembourser mes 40 Euros et des poussières, j’ai économisé plus de 50 Euros !!!
Sauf que pour m’encourager, j’ai acheté des livres et plein.
Bon, je suis déficitaire pour le moment mais ce n’est pas pour autant que je vais déposer le bilan (et les armes) !
15:37
Écrit par Clara Cambry
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06.11.2009
40ème jour... HAPPY DAY
Happy Birthday to me !!! Quarante jours, tous ronds et tous beaux sans tabac. Ca se fête, non ? Génial, un peu d’animation, oh, et puis je vais appeler mes amies pour les inviter. Ah, mais c’est que personne n’est au courant de mon sevrage hormis mon mari et mes filles. Nounouille que je suis, j’oublie la boulangère, le buraliste et sa femme, Karine et Véronique (de chez Dialogues) et puis Véronique (coucou !), et aussi vous qui me lisez. Vous, que je ne connais que par vos visites, vos commentaires.
Je ressens un pincement au cœur, pas un petit mais un gros. Parce que quand j’y pense, de toutes mes amies de ma vie d’avant, il n’y a qu’une et une seule qui me lit régulièrement. Elle se reconnaitra et je suis sûre qu’elle piquera un fard devant son écran (n’est ce pas ? je te connais bien…).
Les autres ne savent pas l’existence de ce blog vu qu’elles ne mettent pas leur nez dans l’autre. Je ne leur jette pas la pierre, je ne les blâme pas : entre leur boulot, les enfants, les courses et tout le tsouin-tsouin, ben oui, elles n’ont pas cinq minutes pour venir lire mes mots. Pourtant, ces mots constituent mes journées et ça je crois qu’elles ne le savent pas. Mais, c’est forcé, elles n’ont pas le temps.
Allez, Je ne vais pas faire dans le mélo quand même ? Ben non, ce serait comme une gamine qui du haut de seize ans et de son enfance pourrie, lit l’œuvre entière de Zola. On a envie de lui dire : Stop ! Arrête. OK, jusqu’à présent, ce que tu vas vu de l’âme humaine n’a rien de grand ou de splendide, mais accroche-toi !
Alors, comme je n’avais rien prévu, on fait simple et en comité réduit. Ca vous convient ?
19:21
Écrit par Clara Cambry
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05.11.2009
39ème JOUR... DAME BALANCE
Ce matin, avant de prendre ma douche une idée me trottait dans la tête : celle de me peser. Juste pour savoir ce que Dame Balance dirait.
J’extirpe la machine en dessous du meuble de salle de bains, j’en profite du même coup pour attraper quelques moutons égarés (oh, ces bêtes là n’en font qu’a leur tête) et j’attends que le verdict s’affiche. Ah, bon, ben ça va. Triple nouille que je suis, j‘avais gardé mon peignoir et mon pyjama.
J’enlève mon pyjama, mon peignoir et rebelote. Et là, incompréhension totale : délestée de mes tenues coton et polaire, je pèse plus lourd ! A n’y rien comprendre… Je me dis que Dame Balance a peut être une faille, j’enlève la pile, j’attends un peu, je la remets à sa place.
La troisième pesée me donne le premier poids (avec pyjama et peignoir) plus 3 kilos. C’est quand même dingue ce qu’on a le temps d’ingurgiter en moins de cinq minutes !
Je l’ai prévenu « Et toi, si tu ne veux pas finir ta vie avec des troupeaux entiers de moutons, fais gaffe et arrête de faire ta maline». Je la laisse bouder et je lui mets dans le ventre une pile neuve « ah, ah, tu vas moins rire maintenant ! ». Tout juste si je ne saute pas à pieds joints dessus, je regarde et que vois-je, des tirets qui clignotent (genre sapin de noël). Ohoh, il y a un souci. Je descends doucement. Et bien, même sans rien dessus, elle continuait à s’énerver toute seule. Puis, plus rien.
Je crois que Dame Balance a rendu l’âme ce matin sous mes pieds. Ok, c’est triste mais maintenant il va falloir que j’en achète une autre, et ça c’est l’horreur ! Car trouver une balance qui se contente juste de dire le poids, c’est rare, très rare. Maintenant, ces machines vous calculent des ratios, des taux, elles vous affichent même des courbes style fluctuation du marché boursier. Mais, moi, je m’en fiche de tout ça…
J’en veux juste une toute simple et pas une calculatrice géante qui m’analyse et pire, qui décrypte mes petits défauts alimentaires comme celui de manger en douce beaucoup de chocolat quand j’ai un coup de cafard !
Que Dame Technologie se tienne à sa place, sinon, je lui intente un procès pour atteinte à mes habitudes alimentaires.
22:28
Écrit par Clara Cambry
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02.11.2009
36ème jour... QUAND G.MUSSO ET M.LEVY S'EN MELEENT
8h40
Le soleil se lève sur la baie de Brest jouant une partition de reflets avec l’eau de la rade. Isabelle entrouvre un des portes-fenêtres de son loft. Elle reste là quelques minutes, plongée dans ses pensées, plissant les yeux pour distinguer l’horizon dentelé. Elle expire profondément et cherche son paquet de cigarettes sans son sac à main posé sur le sofa. Ses doigts fins sortent bredouilles de la besace, Isabelle se demande où elle pu poser ses cigarettes. Elle regarde autour d’elle dans cette pièce décorée avec goût par ses soins. La disposition des meubles et leur design offrent à l’œil une impression d’immensité et de clarté. Sur sa table d’architecte, parmi les plans d’une ville, elle voit son paquet posé à côté d’un cendrier en cristal. C’est le seul objet qu’elle ait gardé de sa relation tumultueuse avec John. Machinalement, elle attrape une cigarette. Zut, se dit-elle, il ne m’en reste plus après. Elle consulte sa montre. J’ai rendez-vous avec un client à l’autre bout de la ville dans vingt minutes, … je trouverai bien un tabac sur ma route. Hier soir, elle a travaillé tard sur un nouveau projet et elle n’a pas eu le temps de faire quoi que ce soit. Sa veste enfilée, elle jette un dernier coup d’œil à son maquillage puis sort.
Au même moment
Clara sort le linge de la machine à laver, et la remplit à nouveau avec des jeans. Elle soupire car le bac à linge de la salle de bains des enfants lui paraît plein en permanence. Elle regarde l’heure dans la cuisine, les chiens dorment sur le canapé et n’ont pas l’air pressé d’aller faire un tour. Bon, je vais aller tout de suite à la boulangerie. Elle prend son imper, vérifie qu’elle de la monnaie et dit « a tout à l’heure ! ». Aucun des chiens ne bronche.
8h52
Au volant de sa berline, Isabelle peste. Les travaux ralentissent le flux de circulation et elle va être en retard à son rendez-vous. Agacée, elle va pour prendre une cigarette mais elle se rend compte qu’elle n’en a pas. Un panneau déviation est posé sur le bas côté de la route, décidemment, tout semble contre elle ce matin. Elle sort son portable et appelle le bureau de son client pour le prévenir de son retard. La vue de l’enseigne lumineuse d’un buraliste la rassérène. Elle actionne son clignotant. Deux minutes de plus ou de moins je ne suis plus à ça près de toute façon hum.., je n’arriverai pas d’ici au moins vingt minutes avec tous ces embouteillages.
Au même moment
Clara marche tranquillement sur le trottoir, elle regarde amusée tous les gens qui entrent chez le buraliste. Et dire, qu’avant j’étais comme eux… Une voiture grise se gare brusquement devant elle, de peur, elle sursaute et s’arrête.
D’un pas pressé, Isabelle se dirige vers le commerce, Clara voit cette femme et étrangement elle lui rappelle quelqu’un. Elle est certaine que ce visage ne lui est pas inconnu et piquée de curiosité, elle la suit.
-Deux paquets de Ligtliht ! demande Isabelle.
Clara s’interroge : cette voix rauque, cette odeur de parfum et de tabac mélangés, cette allure déterminée…
Isabelle paie et se retourne.
Elles se retrouvent toutes les deux face à face durant deux ou trois secondes. Isabelle,les yeux rivés sur son portable, ne fait pas attention à cette femme qui la dévisage.
Clara est pâle comme si elle avait vu un fantôme. Cette femme … tout lui revient en mémoire. C’était elle ! Il y a quelques années lorsqu’elle allait acheter ses cigarettes le matin avant d’aller au travail. Elle en est certaine : même allure, même timbre de voix et toujours pressée.
Le buraliste lui demande si tout va bien.
-Oui, oui… j’ai crû faire un bond dans le passé ! S’exclame-t-elle en riant. Après retour dans le futur, je fais un remake intitulé retour dans le passé. Je vais prendre un carnet de ticket de bus, s’il te plait.
Isabelle est à peine assise dans sa voiture qu’elle allume une cigarette, elle tousse et se dit qu’un jour il va falloir qu’elle se décide à arrêter de fumer. Mais pas tout de suite car ce n’est pas le encore bon moment comme d’habitude.
19:43
Écrit par Clara Cambry
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